Automobile

Pratique : devenir un pilote prévoyant et économe

Les vérifications à effectuer régulièrement, et pourquoi

Les niveaux
Les pneumatiques
Le tour du véhicule

Les niveaux (sur sol plat et moteur froid -le matin, c'est donc mieux-, de préférence 1 à 2 fois par semaine)

Les pneumatiques :

Tant qu'à faire, faites le tour des phares la nuit pour voir si les optiques sont bien alignés et que surtout ils marchent correctement. Ne sous-estimez pas cette vérification, car si un feu de position vous manque par exemple, vous risquez d'être considéré par intempérie comme un deux-roues. Si le feu de marche arrière ne marche pas, vous risquez d'écraser un piéton, etc. Assurez vous que les balais d'essuie-glace ne laissent pas de trace, qu'ils ne couinent pas... Sinon il est temps de les changer, le caoutchouc est usé. C'est pour cela qu'on préfère les changer après l'hiver, une fois bien craquelés par le froid. Ne les sous-estimez pas non plus, ce sont eux qui vous donnent une bonne visibilité.

Et puis, quand vous vous en allez, jetez un coup d'oeil à votre place à la recherche d'éventuelles flaques, ça mange pas de pain (en sachant que si vous avez l'air conditionné, c'est possible que de la condensation y soit à l'origine, mais mieux vaut s'en assurer) ;)

Economiser le carburant

Côté conduite :

  1. Accélérez rapidement (si vous mettez 2 pâtés de maison pour atteindre les 50 ça sert à rien), mais pas brusquement. En plus de consommer énormément de carburant, c'est mauvais pour les pneus et même pour les suspensions.
  2. Sur terrain plat ou en descente, enclenchez le rapport supérieur le plus tôt possible, vous n'avez pas besoin du gain de puissance des ~3000tours et plus le moteur tourne vite, plus vous consommez. Pour cette raison, enclenchez le rapport inférieur le plus tard possible (au moment du sous-régime). Exemple: en 4ème voire 5ème à 50km/h en ville.
  3. Réduisez au maximum les consommations électriques, la batterie ne se recharge pas magiquement, mais via l'alternateur entraîné lui aussi par le moteur ! A éviter donc, la climatisation (sauf si absolument nécessaire, puisque ouvrir les fenêtres aurait à peu près le même effet néfaste, selon l'ouverture), les lecteurs DVD etc. Ne tombez cependant pas dans l'écueil des radins qui coupent leurs phares, la sécurité avant tout !
  4. Si vous devez vous arrêter pour une durée supérieure à 15sec environ et que votre moteur est déjà chaud (environ 5 minutes de route), coupez votre moteur. Vous consommeriez plus à l'arrêt qu'à recharger ce qu'a consommé votre démarreur. Cependant, ne le faites que si vous roulerez assez par la suite pour effectivement la recharger, la quantité d'énergie consommée est assez grande et pourrait manquer fâcheusement à un moment critique...
  5. Adoptez un compromis durée/vitesse : par exemple, roulez sur autoroute plutôt à 120km/h voire 110km/h, le gain en carburant peut atteindre 20% (du fait des frottements quadratiques) et ne vous retardera que de 1% de votre temps de parcours prévu.
  6. La clé : conduisez fluidement ! Anticipez les obstacles pour réduire les freinages qui dissipent de l'énergie (que vous devrez de toutes manières récupérer), décélérez plutôt. Ce point est souvent difficile à concilier avec les distances de sécurité.

Côté matérel :

  1. Vérifiez souvent la pression des pneus (~ toutes les 2 semaines), et augmentez-là ou abaissez-là en fonction du chargement en vous basant sur la vignette de pression (en général dans la trappe à carburant ou dans le pourtour intérieur de la portière) ou la revue technique du véhicule.
    N'oubliez pas de le faire à froid (la pression est surévaluée à chaud), sinon ajoutez 0.3g d'air à ce que vous comptiez mettre pour compenser la contraction.
  2. Après avoir refait le plein : assurez-vous que le bouchon assure son rôle hermétique, on estime à 20% la quantité de carburant évaporée dans l'air.
  3. Virez tout équipement non nécessaire qui aurait une influence néfaste sur le comportement aérodynamique de la voiture (barres et coffres de toit -qui devront cependant être privilégiés face aux barres- etc.), la consommation supplémentaire peut atteindre 15% du fait des frottements.
  4. Last but not least : surtout, effectuez un entretien régulier. Dans le cas contraire, diverses fuites et pertes de rendement gonfleront votre consommation.

Côté pompe :

Deux écoles se confrontent :

Alors que la deuxième -qui a ma préférence- est forcément vraie (encore faut-il que vous ne fassiez pas de détour pour aller à la pompe, sinon cela n'a plus grand intérêt puisque vous irez plus souvent), la première divise. A vous de voir !

Petites astuces pour ménager votre véhicule

Petit "Diagnostictionnaire"

Le matériel obligatoire et souhaitable

Le matériel obligatoire stipule depuis 2008 :

Il est par ailleurs souhaitable d'avoir :

Mettre toutes les chances de son côté pour démarrer

  1. Mettez le contact pour le préchauffage (7 à 10sec pour atteindre la température minimale de fonctionnement correct)
  2. N'allumez aucun consommateur de courant (phares, autoradio, dégivrage...) : le démarreur a besoin d'une intensité de courant faramineuse en très peu de temps pour entraîner le volant moteur. Les phares & co sont susceptibles d'en pomper une partie, les éteindre au démarrage n'en sera que mieux.
  3. Débrayez (et restez-le le temps du démarrage) : en débrayant, le démarreur n'entraînera que le moteur, et pas la boîte de vitesse, qui représente au démarrage un poids mort en sus.
  4. Tournez la clé pour démarrer, autant que nécessaire si moteur Diesel ou avec calculateur d'injection (Vous ne risquez pas de noyer le moteur avec les calculateurs d'injection, alors faites-vous plaisir :) ). Variante : appuyez tout simplement sur "start" pour les nouvelles voitures.
  5. Embrayez (au point mort), vous pouvez allumer les consommateurs de courant souhaités

N'accélérez pas ! En plus de ne pas aider, vous risquez d'endommager le moteur.

Par grand froid et dans le cas d'un moteur à essence, il semblerait que "réveiller la batterie" en allumant brièvement les phares soit bénéfique. A opérer avant l'étape 2. Sur les nouvelles voitures, les équipements sont allumés intelligemment, mais ne vous forcez pas à tout éteindre dans ce cas : les équipements sont coupés par relais lors du démarrage.

Par la suite, rien ne sert de rester sur place pour chauffer le moteur, la température sera de toutes façons insuffisante et vous polluerez pour rien. Partez de suite, mais ne montez pas dans les tours, au moins au début !

Changer une roue

C'est vraiment pas dur en soi, mais pour ceux qui ne le sauraient pas, cela peut permettre de ne pas hésiter le moment venu.

Tout d'abord, placez-vous sur un sol plat, dur (sinon le cric s'enfoncera dans le sol) et où vous ne risquez pas de vous faire tailler un short : si vous avez crevé sur l'autoroute, préférez les aires à allure réduite, si elles ne sont pas trop loin et uniquement si pendant toute la durée du trajet vous serez vu de loin pendant une durée suffisamment grande pour que les autres automobilistes aient le temps de s'apercevoir que vous ne roulez pas à allure normale (donc, assurez-vous d'être dans une plaine à plat ou en grande descente -pas trop raide non plus, je vous rappelle que vous avez crevé-). Si vous devez vous arrêter sur l'autoroute, faites-le de préférence dans un abris prévu à cet effet, et mettez vos passagers derrière la glissière de sécurité. La durée de vie sur autoroute pour un piéton n'excède pas 20min...

  1. Enclenchez le frein à mains et la première vitesse pour éviter que la voiture vouge et vous retombe dessus pendant la procédure
  2. Mettez votre gilet réfléchissant que vous avez forcément sous la main, et passez derrière la glissière de sécurité pour la longer dans le sens opposé de la circulation. Arrêtez-vous quand vous dépassez tout juste un éventuel obstacle qui obstruera la visibilité de votre opération aux autres automobilistes (haut de côte, début de virage...), ou à 30m de votre véhicule (10-15m en dehors de l'autoroute).
  3. Dépliez votre triangle et assurez-vous de vous faire bien voir par de grands gestes avant de choisir avantageusement votre moment pour placer le triangle sur la voie de droite (à gauche pour vous).
  4. Revenez à votre voiture et farfouillez dans le coffre pour chercher :
    • La roue de secours
    • Le cric
    • La clé en croix ou la manivelle
    • L'éventuel adaptateur pour l'antivol dans le cas de roues en aluminium, que vous devrez utiliser en ce cas
  5. Deserrez (un peu, pas complètement) les boulons de la roue (derrière l'enjoliveur) à l'aide de la clé en croix ou la manivelle. Des coups de pieds légers seront peut-être nécessaires, au vu du couple de serrage des pistolets pneumatiques... Pour ceux qui n'auraient jamais touché un tournevis de leur vie (c'est dur mais pourquoi pas), c'est dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.
  6. Placez le cric sous le chassis de la voiture, juste derrière le bas de caisse, à l'emplacement prévu près de la roue crevée. Surtout, ne l'utilisez pas directement sur la carosserie, ou vous en ferez un acordéon ! Vous avez juste à tourner la manivelle (dans le cas du cric, elle est à déplier) jusqu'à ce que la roue soit surélevée. Prenez en compte le fait que la roue de secours est plus gonflée.
  7. Dévissez complètement les boulons, et remplacez la roue crevée par la roue de secours avant de reserrer aux 3/4 les boulons.
  8. Redescendez la roue, retirez le cric et vissez à fond les boulons avant de remettre l'anjoliveur. N'oubliez pas de retirer la triangle de présignalisation en utilisant la même méthode, et c'est fait, vous n'avez plus qu'à ranger. Une fois dans la voiture seulement, vous pourrez retirer votre gilet réfléchissant.

Attention, après avoir changé une roue vous êtes limités à 80km/h, donc interdit de doubler et utilisez vos warnings !

Réparer un pneu

Vous vous rendez compte qu'un de vos pneus perd anormalement de la pression (personnellement, j'étais à 1.5bar au lieu de 2.1 au bout d'une semaine), comparé aux autres pneus ? Vous avez sûrement une crevaison, ou alors un défaut de joint entre la jante et le pneu. En effet, les pneus sont en écrasante majorité tubeless, c'est-à-dire sans chambre à air : une des surfaces "extérieures" du pneu est la jante elle-même, et un décalage peut exister (choc, insinuation de terre etc.), d'où la fuite du fait du défaut de joint.

Une question se pose alors : où se trouve la fuite ? Bonne question. Si vous êtes en train de lire ces lignes, c'est que ce genre de réparations est largement à votre portée : vous ne voulez pas passer chez le garagiste (déjà parce qu'en théorie, votre pneu est défectueux), et vous vous préparez par la même occasion via un modeste achat à des cas similaires ultérieurs. Voilà comment repérer la fuite.

Vous avez besoin du même matériel que pour changer une roue : un cric, et une clé en croix.
Munissez-vous d'un pulvérisateur quelconque (comme ceux utilisés pour le ménage), et remplissez-le d'un mélange d'eau et de liquide vaisselle. Pulvérisez-le sous toutes les coutures, une fois la roue démontée (voir Changer une roue), en n'oubliant pas la valve décapuchonnée et le contour de la jante, au niveau du joint. A l'endroit où une éventuelle fuite existe, le mélange se mettra à "buller" abondamment.

Vous savez dorénavant où se trouve la fuite. S'il s'agit d'une simple crevaison (dans le cas contraire, par exemple dans le cas d'un décalage de la jante par rapport au pneu, vous aurez besoin d'une machine hydraulique que seuls les garagistes possèdent...), achetez un kit de réparation chez n'importe quel équipementier automobile (environ une vingtaine d'euros), qui comprend :

Si vous n'avez pas de porte-mèches, essayez de vous en bricoler un à partir d'un tournevis, afin qu'il remplisse le rôle qui suit. La procédure à suivre est la suivante : commencez par enfoncer le porte-mèche dans le trou (je sais ce que je dis) pour qu'il prenne son diamètre, puis insérez une mèche dans son chat (qui doit y être au milieu). Il ne reste plus qu'à l'enfoncer à nouveau en laissant dépasser que quelques centimètres de mèche, puis à le tourner de quelques tours avant de le retirer doucement en coupant ce qui l'empêche. Coupez enfin ce qui dépasse, votre pneu est réparé, il ne reste plus qu'à le remettre en place !

En cas de perte de contrôle du véhicule

Si vous perdez l'avant, c'est que votre voiture est sous-vireuse, décélérer devrait suffire à rétablir votre tenue de route puisque le poids de votre voiture se translatera à l'avant, en appuyant les roues avant jusqu'à ce que l'adhérence reprenne.

Cependant, c'est rare. La plupart sont sur-vireuses et ces désagréments apparaîssent souvent en virage, mais aussi en ligne droite, le tout par pluie forte (aquaplaning) ou verglas : votre arrière se balade vers l'extérieur. Voici ce que vous devez retenir en pareille situation :

En somme :

  1. Débrayez
  2. Tout en ne perdant pas de vue votre trajectoire, contre-braquez pour ramener l'arrière
  3. Quand vous avez rétabli votre ligne, ré-embrayez doucement en vérifiant que l'adhérance est revenue, sinon débrayez à nouveau en attendant qu'elle revienne.

Enfin, dans le cas de l'aquaplaning qui survient par forte pluie, mieux vaut conduire plus lentement : le flux d'eau que doit évacuer vos pneus, dont la capacité est limitée évidemment, augmente avec la vitesse. C'est pour cela que vous devez veiller à ce qu'ils ne soient pas usés : un pneu usé jusqu'aux indicateurs TWI évacue 5L/min alors que des pneus neufs en évacue 25 !


Je décline toute responsabilité quant à un éventuel accident, dysfonctionnement, ou tout simplement échec.